La Lune

Tu sors de chez toi, qui est même pas chez toi,
Tu prends à gauche par curiosité
Le velouté des pieds de la forêt
T’invite à grimper et à explorer;
Tu te ramasses au sommet d’une colline sans nom
L’horizon qui décline se dresse à tes côtés
Et t’es immobile, parfaitement immobile.

Le vent que tu vois pas te rappelle que t’as perdu ton chapeau
Le vent que tu vois pas te rappelle que t’as jamais eu de drapeau
Que t’es en exil, encore en exil.
Que tu…

Regardes la lune.
La lune est pleine de questions pour toi;
Elle se demande:

À quel moment tu te renouvelles?
À quel moment tu fais le tour de la planète?
À que moment, de ta silhouette, tu ne montres qu’un croissant ou un mince quartier?
À quel moment t’es la muse des poètes?
À quel moment tu gouvernes les marées?
À quel moment tu changes en loups-garous toutes celles et ceux qui se sont exposés

À ta lumière exposés
Ou à ton ombre exposés
Et dans ton ombre, tu trembles;

Et si aucun soleil ne se lève sur toi
Tandis que tu continues à orbiter comme ça, infiniment seule.
Sans jamais rencontrer quelqu’un qui t’aime pour toi.
Personne pour toi, non,
Même pas toi, pour toi

Ah je sais c’est pas
Toujours facile de comprendre ce que ton coeur veut ou ce qu’il veut pas.
Et je comprend ça,
Mais t’as du courage t’es presque libre arrête-toi pas;
S’il te plaît brille arrête-toi pas,
Continue de vouloir arrête-toi pas;
S’il te plaît brille arrête-toi pas,
Continue d’y croire arrête-toi pas
Et souviens-toi que la beauté du monde
S’est réfugiée au bout de tes doigts
Qu’elle bat la mesure à chaque seconde
Solidement ancrée au milieu de toi
En plein milieu de toi

Et regarde la lune
La lune c’est toi.