Être sur le bord de l’eau

Être sur le bord de l’eau

Sur le dos des vagues,
Les rayons du soleil se brisent
On dirait des étoiles;
Myriades de points d’énergie
D’une beauté sans égale;
Mini-soleils aquatiques
Qui glissent et paradent en formation quelque peu chaotique.

Et le bruit des vagues,
C’est mon oreille gauche qui lui
Sert soudain de rivage;
Un bruit difficile à saisir,
Chanson primordiale
Douée d’un pouvoir inouï;
Le grand mystère sauvage qui brise le coeur humain, le guérit.

Quelle splendeur
Être sur le bord de l’eau!
D’une entité pareille,
Infiniment subtile,
D’une profondeur
Inimaginée;
De l’abysse aux glaciers,
De l’eau douce ou salée comme le sont nos larmes.

Et puis sur ma langue,
L’océan réveille en moi
Des images caressantes
Partir au sud en famille,
Tout le monde en vacances
Passer deux semaines en camping;
L’ivresse de l’enfance
D’une insouciance qui rend mélancolique.

Quand enfin j’y entre,
C’est d’abord à petite échelle
Que je ressens l’onde
D’une pulsation fantastique,
Un coeur immense qui gronde;
Tonnerre sous-marin lascif
Qui monte et qui tombe
Et frappe mes os de mortelle en péril.

Quelle splendeur,
Être sur le bord de l’eau!
D’une entité pareille,
Infiniment subtile,
D’une profondeur
Inimaginée;
De l’abysse aux glaciers,
De l’eau douce ou salée comme le sont nos larmes.

Sur le dos des vagues,
Les rayons du soleil se brisent
On dirait des étoiles…

To be at the water’s edge

on the backs of the waves
the sun’s rays break
scattering into stars
countless points of energy
unequaled in beauty
aquatic suns in miniature
which slip and parade in gentle chaos

and the raw symphony of the waves
tearing over my left ear
as though it were the shore itself
a sound that won’t be held
primordial song
of incredible power
the great wild mystery which breaks the human heart
and cures it

what splendor
at the water’s edge!
such an entity
infinitely subtle
of a depth
unimagined
from the abyss to the glaciers,
running sweet and fresh
or salty as our tears

and then on my tongue
awoken by the ocean
a lost dream washes over me
a family southbound
into the holidays
and two weeks of camping
this child’s heart drunk on the world
a recklessness that leaves you blue

when finally I enter
the waves touch me with the weight of breath
and in one fantastic pulse
the titan’s heart rumbles, rejoices
submerged, sensual thunder
rises, falls
and beats my helpless mortal bones